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AUTREFOIS - Lu dans la « Revue militaire suisse » de février 1921

Lu dans la « Revue militaire suisse », N° 2 de février 1921, page 65 ss

… où les enseignements tirés de la Grande guerre ne sont pas particulièrement prospectifs!

Un projet de réorganisation de l’armée suisse.

Parmi les questions qui préoccupent notre peuple, l’une des plus importantes est certainement celle de l’avenir de notre armée, la façon dont celle-ci va être organisée, instruite et équipée, les crédits qui seront nécessaires à son entretien.
Cette question, cela va sans dire, est étudiée depuis longtemps déjà par les autorités responsables, et récemment le chef de l’E.-M.G. a rendu public un projet de réorganisation de l’armée élaboré par lui et approuvé par la Commission de défense nationale.
[…]
Chacun sait que nous n’avons pas pu suivre les grandes armées belligérantes dans le développement formidable qu’elles ont donné à leur matériel. Du reste nous ne saurions pas avoir la prétention de les suivre, et cela n’est pas nécessaire, car une armée envahissant la Suisse ne pourrait pas opérer sur notre territoire avec toute l’artillerie, les tanks et autres engins dont disposaient les armées de la grande guerre. Mais il est certain que ce que nous possédons n’est pas suffisant et que nous devons prévoir l’acquisition d’un matériel complémentaire important.
En ce qui concerne d’abord l’infanterie, il est indispensable de multiplier d’une part, les mitrailleuses lourdes, de doter, d’autre part, nos compagnies de fusiliers de fusils-mitrailleurs et de fusils-lance-grenades. La multiplication des mitrailleuses lourdes est aisée ; quant aux fusils-mitrailleurs et aux fusils-lance-grenades, des modèles satisfaisants sont déjà établis et la construction serait possible sans frais très considérables.
La cavalerie aussi devrait être mieux dotée en mitrailleuses pour posséder la puissance de feu qui lui est nécessaire.
Quant à l’artillerie, ce n’est un mystère pour personne qu’elle est dans notre armée tout à fait insuffisante. Seul le coût très élevé que comporte toute acquisition de matériel d’artillerie nous a empêchés jusqu’ici de nous pourvoir du nécessaire, et actuellement ce sont encore des considérations budgétaires qui nous obligent à limiter nos prétentions à ce que la stricte nécessité nous impose.

[...]

Parmi les questions qui préoccupent notre peuple, l’une des plus importantes est certainement celle de l’avenir de notre armée, la façon dont celle-ci va être organisée, instruite et équipée, les crédits qui seront nécessaires à son entretien.

[…]
Il ne peut être question de nous munir de chars d’assaut, dont la construction et l’entretien comporteraient de trop grosses dépenses ; par contre, nos troupes doivent être armées contre les tanks ; elles devront être pourvues à cet effet ou de petits canons spéciaux ou de mitrailleuses de gros calibres.
Quant à l’organisation de notre aviation, il nous est interdit de prévoir un système nous assurant la maîtrise de l’air ; par contre, nous ne pouvons pas nous passer des avions nécessaires à l’observation de notre artillerie et à la surveillance d’une zone d’une certaine largeur bordant nos lignes.
[…]
Maintenant, la question est posée. Au peuple de répondre.

Ch. Sarasin
Colonel divisionnaire